Le convoi de l'A380 d'#Airbus stoppé dans son #ELAN par une bande d’handi… pour le retrait de l’article 18 de la loi ELAN

02 septembre 2018

Dans la nuit de mardi 21 à mercredi 22 août 2018, près d’une vingtaine de militants de l’association HANDI-SOCIAL (une quinzaine de personnes en situation de handicap, visible et invisible, dont 8 en fauteuil roulant, plus leurs proches) et un élu municipal de Lavaur (en situation de handicap) ont bloqué le convoi de l’A380 d’Airbus à l’Isle Jourdain dans le Gers entre 1h du matin et 5h30. Installé sur la chaussée sous des tentes, pour exiger le retrait de l’article 18 de la loi ELAN : résultat convoi bloqué pour 24h !

Les militants ont demandé à échanger en vidéo avec le premier ministre et Tom Enders, le PDG d’Airbus, sans avoir de réponse.

Ils ont donc promis de revenir le soir même et ont appelé la population à bloquer le convoi 24h de plus, tant que 1er ministre et PDG d’Airbus ne les contactaient pas pour confirmer le retrait de l’article 18 du projet de loi ELAN.

Faute de réponse, le 23 aout à 20h : retour à l'Isle Jourdain pour une nouvelle tentative de blocage du convoi : à 6 personnes dont 3 en fauteuil (pas de moyens de transports adaptés disponibles et épuisement des militants). En face, une centaine de gendarmes mobilisés et un hélicoptère : malgré tout 3h de blocage supplémentaire qui s'achèveront par l’épuisement de la voix d'Odile Maurin et des batteries des téléphones. Une dernière photo sous le convoi et promesse que les actions ne font que commencer tant que le gouvernement ne retire pas l'article 18 de la loi ELAN !

C'était la 1ère fois en France que le convoi était stoppé plus de 24h et en plus par une petite bande de handicapés ! D’où une très forte médiatisation.

Dès le lendemain la ministre Cluzel a été dépêchée sur Cnews pour répondre à notre demande de retrait de l’article 18 et elle a continué la désinformation, ce qui était facile sans personne en face pour lui porter la contradiction.

C’est pourquoi nous invitons Jacques Mézard, Julien De Normandie et Sophie Cluzel à venir débattre publiquement à Toulouse, accompagnés de leurs experts. Avec nous les personnes directement concernées et non les associations gestionnaires : ils pourront ainsi défendre leur position et nous leur porter la contradiction de manière argumentée

Si le gouvernement a vraiment des arguments en défense de l’article 18 de la loi ELAN il ne doit pas craindre la confrontation, mais s’il refuse la confrontation c’est qu’il n’a pas d’arguments.

Pourquoi nous étions mobilisés :

HANDICAP et loi ELAN : INSUPPORTABLE DOUBLE LANGAGE DU GOUVERNEMENT ! Quand les gros tentent d’écraser les petits !

Dans les paroles officielles, le handicap serait la priorité du quinquennat Macron ...

« En même temps », dans les actes, le gouvernement fait reculer l’accessibilité et l’inclusion des personnes handicapées !

En effet, le projet de loi relatif à l’Évolution du Logement et à l’Aménagement Numérique (ÉLAN), dans son article 18, votés par l’Assemblée Nationale, réduit de 90 % la production d’appartements neufs en RDC ou desservis par ascenseur qui seront accessibles, immédiatement habitables sans travaux par des personnes contraintes à se déplacer en fauteuil roulant. Le 19 juillet, le Sénat a limité ce recul à 70 %.

Pourtant, la production actuelle est déjà largement insuffisante. En raison de ce manque cruel de logements accessibles, les personnes en situation de handicap et les personnes âgées dépendantes sont ainsi trop souvent contraintes à finir leurs jours en établissements.

Nos associations reçoivent de plus en plus souvent des appels à l’aide de personnes confinées dans leurs logements faute d’accessibilité, auxquelles les bailleurs publics et privés sont incapables de proposer des logements accessibles. Les personnes en situation de handicap sont celles qui attendent le plus longtemps un logement social sur la métropole toulousaine, jusqu’à 20 ans pour certaines. Allons-nous revenir 40 ans en arrière ?

Le président Macron parlait de créer un « Nouveau Monde », de « lutter contre les inégalités », et de « faire du handicap, une priorité de (son) quinquennat ».

Nombreux sont ceux qui ont voulu croire à des améliorations, mais depuis un an, force est de constater les attaques massives contre les droits des personnes en situation de handicap, tout en prétendant construire une société inclusive ! La réalité se révèle brutale …

Aujourd’hui, seul le logement social pourrait offrir une réponse conforme aux besoins des personnes handicapées, dont la grande majorité, faute de revenus suffisants, ne peut accéder au parc locatif privé et encore moins à la propriété.

Pour souligner la gravité de l’enjeu :

  • Le Défenseur des droits, M. Jacques Toubon, a condamné de la façon la plus ferme cet article 18.
  • Le Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées s'oppose également à cet article.
  • La CNCDH (Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme - Institution Nationale des Droits de l’Homme française créée en 1947) a dénoncé le principe même des 90 % de logements évolutifs en ces termes : «  La transformation de l’obligation d’accessibilité en obligation d’adaptabilité est un leurre évident, qui entraînera des discriminations supplémentaires  ».
  • Le Conseil de l'Europe vient d'épingler et de mettre en garde la France le vendredi 13 juillet sur la création de quotas de logements accessibles. Le Conseil de l'Europe a ainsi déclaré : «  C’est une question d’égalité et de dignité et cela permettrait au législateur de signifier clairement que l’inclusion des personnes en situation de handicap lui importe  ».
  • Il faut donc refuser complètement le principe des quotas. Afin de faciliter l'autonomie des personnes à mobilité réduite, et permettre un soutien à domicile cohérent des personnes âgées et handicapées, nous réclamons la suppression de l'article 18 du projet de loi Élan.

HANDI-SOCIAL appelle le gouvernement à la raison et les élus de bonne foi à engager un recours auprès du Conseil Constitutionnel contre l’article 18 remettant en cause les droits fondamentaux des personnes handicapées ou âgées en voie de rupture d’autonomie. Il en va de l’intérêt général de la population.

HANDI-SOCIAL condamnent sans réserve cette absence de volonté politique qui déshonore la démocratie !

Et pourquoi Airbus ? Parce que le pouvoir économique, en restreignant notre accès au logement, nous contraint à nous attaquer aux intérêts économiques qui dirigent ce pays ! Airbus est capable de faire faire des routes privées pour ses convois, de privatiser l’espace public, alors Airbus doit être capable d’exiger de faire construire suffisamment de logements accessibles à tous pour répondre au vieillissement de la population, et au progrès de la réanimation qui multiplie les causes de handicaps. Airbus est capable d’empêcher la remise en cause de nos faibles acquis largement insuffisants. De demander le retrait de l’article 18 de la loi ELAN

 

NB : La production n’a jamais atteint 100 % des logements neufs, mais seulement 100 % des logements collectifs situés en rez-de-chaussée ou desservis par ascenseur, soit environ 45% de la production.

 RETRAIT ARTICLE 18 LOI ELAN OU POURSUITE DES MANIFESTATIONS DE NOTRE COLÈRE

En savoir plus : https://www.handi-social.fr/articles/actualites/contestation-loi-elan--90-de-logements-accessibles-en-moins--discrimination-handicapes-en-colere--au-secours-les-senateurs--36299

 

Odile MAURIN

Présidente d'HANDI-SOCIAL (association de défense des droits des personnes malades et/ou handicapées) : http://www.handi-social.fr 

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